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Astuces-Jardin.fr, 2020

Construire sa piscine naturelle pas à pas

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Née au début des années 1980 en Autriche, la conception de piscines naturelles a progressivement conquis l’Europe et ses environs. Ces piscines, inspirées des lacs de montagne, sont de véritables alternatives aux piscines classiques. Leur entretien ne nécessite aucun produit chimique, le traitement de l’eau étant effectué grâce à un phénomène auto-nettoyant induit par la présence de plants et de micro-organismes. La construction d’une piscine n’est pas simple. Mais construire une piscine naturelle peut être à la portée d’un bon bricoleur à condition de savoir comment s’y prendre.

Ce qu’il faut savoir avant de se lancer

Avant de se lancer dans ce projet de construction d’un éco-bassin il est indispensable de passer en revue certains éléments.

Quel est le fonctionnement d’une piscine naturelle ?

À la différence d’une piscine traditionnelle, la piscine naturelle est constituée obligatoirement de deux bassins : un bassin de baignade qui doit être un peu plus profond que le second, le bassin de lagunage. La zone de lagunage est en fait le système de filtration et d’épuration de la piscine étant entendu que ce type de piscine n’utilise aucun système de filtration ni de produits chimiques.

En fait, les différentes plantes aquatiques et les micro-organismes présents dans ce bassin d’épuration, se chargent de nettoyer, de purifier et d’oxygéner l’eau du bassin. Pour plus d’efficacité du traitement de l’eau la présence, dans la zone de lagunage, de bêtes comme les puces d’eau, insectes, grenouilles, larves ou escargots d’eau peut être envisagée.

Quel matériau de construction choisir ?

La piscine biologique peut être construite de deux façons différentes. La première technique ne requiert pas de travaux de maçonnerie. Elle consiste en la pose d’une géomembrane en polypropylène résistante aux UV et sans effets sur la faune et la flore. Des parois en mur de pierre permettent de soutenir les berges tandis que du gravier en tapisse le fond. Elle convient lorsque la construction se fait sur un sol stable et argileux.

La seconde technique recourt au ciment et à d’importants travaux de maçonnerie. Ce matériau permet de réaliser des bassins de formes géométriques variées. On obtient ainsi une piscine aux allures d’une piscine ordinaire. Toutefois, elle reste écologique puisque ce qui compte c’est la non utilisation de produits chimiques tels que le chlore.

Taille et forme de la piscine

Pour déterminer la taille de la piscine, il faut prendre en compte le fait qu’elle se compose de deux parties de tailles équivalentes dont un étang destiné à la baignade et un autre abritant l’écosystème en charge du traitement de l’eau. Vous devez donc vous assurer d’avoir assez d’espace dans votre jardin, d’autant plus qu’il est en plus recommandé de compléter sa piscine naturelle d’une végétation assez fournie. La taille minimale recommandée pour une piscine naturelle est de 80 mètres carrés.

Pour ce qui est du design, a priori rien n’interdit d’opter pour une forme particulière. Il faudra seulement considérer que plus votre bassin aura une forme complexe, plus il faudra approfondir les calculs pour la mise en place des équipements de fonctionnement. Les formes rectangulaires, carrées et ovale sont idéales dans le cadre d’un projet simple.

Que dit la loi à ce propos ?

La construction de piscines naturelles est soumise à l’accomplissement de certaines démarches.

D’abord, il est conseillé de vérifier auprès des services compétents que le plan local d’urbanisme n’interdit pas ou ne limite pas une telle construction sur votre terrain. Ensuite, les travaux doivent être déclarés à la mairie pour des piscines de 10 à 100 mètres carrés. Pour les piscines naturelles de plus de 100 mètres carrés et 2 mètres de profondeur, un permis de construire est requis.

En cas de construction d’un abri de jardin à côté de la piscine, une déclaration de travaux ou un permis de construire peuvent être exigibles selon la surface de l’abri. Les éco-bassins ne sont pas intégrés à la base de calcul de la taxe foncière de même ils ne sont pas soumis aux règles de sécurité et normes d’hygiène qui pèsent sur les bassins traditionnels.

Construire seul ou avec l’aide un professionnel ?

L’auto-construction reste une option envisageable pour toute personne ayant des aptitudes de bricoleur. Selon la méthode retenue, la construction d’un bassin de natation écologique peut être relativement simple. Certes cela permet de faire des économies d’argent mais en revanche, il faut y investir beaucoup de temps. De même, des compétences particulières peuvent être nécessaires (travaux d’électricité en milieu humide, aménagement du bassin de filtration…).

Il est aussi possible de confier tout ou partie de son projet de construction à des entreprises spécialisées. Dans ce cas, pensez à comparer plusieurs devis avant de faire votre choix. À signaler également qu’il est possible de se procurer un étang de baignade naturel en kit auprès de professionnels spécialisés.

Les étapes de la construction

Quel que soit le matériau de construction retenu, la procédure de construction reste la même et suit les étapes suivantes :

Choix de l’emplacement

L’emplacement de la piscine est un facteur capital non seulement pour le confort ou le plaisir des futurs utilisateurs. En effet, diverses caractéristiques du terrain doivent être considérées.

  • Le type de sol : un sol argileux est à préférer en raison de son imperméabilité et de sa stabilité
  • L’exposition au vent : le souffle du vent entraîne des débris susceptibles de polluer la piscine et en rafraîchit l’eau d’où la nécessité de l’abriter
  • L’ensoleillement : privilégier un endroit semi-ombragé car trop de soleil provoquerait une invasion d’algues tandis qu’à l’inverse, le développement des plantes serait compromis
  • La présence d’une pente : une pente permettra un écoulement facile de l’eau d’un bassin vers un autre sans nécessiter une pompe
  • La proximité de grands arbres : mis à part leurs racines capables d’abîmer la piscine, leurs feuilles tombées dans le bassin vont favoriser le développement d’algues vertes en se décomposant.

Notons enfin que la loi impose une distance de 3 mètres par rapport à la clôture mitoyenne.

Le terrassement

Une fois l’emplacement choisi et délimité, vient le tour des excavations. Cette étape consiste à creuser deux bassins en palier. L’écart de profondeur entre les deux paliers devra être d’au moins 50 centimètres.

Le bassin le moins profond accueillera la station d’épuration biologique et l’autre sera dédié à la natation. Il est important de respecter l’équilibre des surfaces car le bon fonctionnement du traitement de l’eau en dépend.

Pour finir, poser les tuyaux pour la récupération et la distribution de l’eau dans les différents bassins.

La réalisation de l’étanchéité

La procédure diffère selon le choix du matériau. Pour l’étanchéité utilisant une membrane EPDM ou une géomembrane en polypropylène, débarrassez en premier le sol de cailloux, racines et tous autres débris tasser ensuite le sol puis tendre la membrane sur le sol et les parois des tranchées. Tapissez le sol de roches volcaniques ou de gravier et les parois de pierres afin de les renforcer.

S’agissant de l’étanchéité en ciment, versez le mortier composé d’une dose de ciment, trois doses de sable et quatre doses de gravier dans le fond des 2 trous et laisser sécher pendant une demi-journée au moins. Réalisez et posez pendant ce délai, les panneaux de coffrage faisant 13 centimètres d’épaisseur contre les parois puis les remplir de béton. Lorsque la chape aura séché, retirer les coffrages pour polir les surfaces en ciment et y ajouter un revetement en couche de verre liquide ou de carreaux.

Dans tous les cas, vous devez construire un muret de 10 centimètres (sous l’eau) ou installer un muret d’angle entre les deux bassins. Également, prévoir une légère pente au fond des bassins afin de favoriser un écoulement naturel des eaux.

Pour ce qui est des piscines en kit, il faudrait se conformer au guide d’installation fourni par le fabricant.

L’installation de pompes

L’installation d’une pompe n’est pas indispensable dans un bassin naturel. Cependant, afin d’assurer un échange d’eau efficace entre les deux bassins et garantir une eau de qualité, une pompe ne serait pas de trop. Elle est à installer dans le bassin le plus profond.

L’installation d’un tel dispositif impliquant des travaux d’électricité en milieu aquatique, il serait prudent, si vous n’en avez pas les capacités, de recourir à l’intervention d’un spécialiste.

Mettre en place les plants

Pour maintenir un environnement aquatique équilibré, la construction de piscines naturelles s’inspire des lacs naturels. Ainsi, dans le bassin de lagunage, il faut mettre en place le biotope en charge du traitement de l’eau. Trois types de plants doivent être installés.

  • Les plantes d’épuration

Les bactéries fixées aux racines de ces plants absorbent les résidus organiques toxiques comme l’azote, le phosphate et l’ammonium présents dans l’eau. On citera en exemple la jacinthe d’eau, les phragmites, la menthe aquatique.

  • Les plantes régénératrices

Ce sont des végétaux qui vont apporte l’oxygène nécessaire à la survie des micro-organismes de la piscine. Il s’agit de l’hippuri, l’élodée, la crassette d’eau le potamot…

  • Les plantes ornementales

Elles ne sont pas indispensables mais servent à agrémenter l’espace de natation on peut citer les nénuphars, papyrus et lotus.

Le choix des plants doit se faire en tenant compte du climat local. Une fois cette mise en place terminée vient le remplissage de la piscine. Pour respecter le côté naturel de l’installation l’utilisation d’eau de pluie semble logique.

L’entretien de la piscine

Un des avantages de la piscine naturelle est le faible cout de son entretien.

L’entretien à l’installation

Certes, une piscine naturelle s’auto-nettoie mais elle a aussi besoin qu’on s’en occupe de temps à autre. Surtout au moment de son installation, les plantes mises en place pour sa purification exigent des soins quotidiens pendant environ quatre mois c’est le temps nécessaire pour que ces plants s’enracinent et commencent à accomplir leurs fonctions.

C’est d’ailleurs seulement après ce délai que les premières baignades peuvent commencer.

Les gestes courants de conservation

Les premiers gestes d’entretien courant consistent pour l’essentiel à enlever régulièrement les feuilles mortes et autres objets en suspension dans l’eau du bassin de natation. Utilisez une épuisette à cet effet.

Pour un nettoyage approfondi, ne pas hésiter à passer une fois par mois l’aspirateur ou un robot de piscine dans l’optique d’enlever les débris tomber au fond du bassin. Le rôle de l’aspirateur est d’enlever les poussières collées aux parois.

De même, il est conseillé de procéder à un brossage hebdomadaire des parois de la piscine à l’aide d’une brosse de parois de piscine. C’est à ce prix que vous éviterez la formation des algues vertes et les dépôts de calcaire. Afin de s’assurer d’avoir une eau de bonne qualité, le contrôle régulier du PH (potentiel d’hydrogène) de l’eau est indispensable sa valeur normale doit se situer entre 7,2 et 7,8. Pour ce faire, vous devez vous munir d’un PH-mètre.

Par ailleurs si une pompe a été installée, penser à retirer régulièrement le filtre pour le nettoyer.

L’entretien au fil des saisons

Durant la saison hivernale, aucun entretien particulier n’est requis à part le ramassage éventuellement des feuilles mortes. Pour s’épargner cette corvée, la pose d’un filet sur le bassin dès le début de l’automne peut être envisagée. Les plantes, durant cette saison se mettent au repos. Selon la région, il se peut aussi que le bassin gèle.

À l’inverse, la saison estivale vient avec son lot de travaux d’entretien. D’abord au début du printemps, procéder à une taille des plants de la zone lagunaire. Ceci permettra de les stimuler en les débarrassant de leurs branches et feuilles mortes susceptibles d’entraver leur développement et bon fonctionnement.

Il est aussi recommandé de surveiller le niveau de l’eau dans le bassin. En période de chaleur l’eau de bassin aura tendance à s’évaporer, ce qui peut entraîner un bouleversement de l’équilibre de l’écosystème. Dans cette hypothèse il faut vous assurer que le PH de l’eau de complément est identique à celui du bassin et non contaminé par quelques particules que ce soit.

De même, lors des grosses averses orageuses, l’eau de ruissellement peut aussi affecter cet équilibre si jamais elle passait par un terrain pollué. Dans ces cas, il pourra en résulter une pollution de l’eau de baignade avec l’apparition d’algues ou la modification du PH.

Pendant la période d’utilisation intense de la baignoire naturelle il faudrait penser à retirer régulièrement la vase qui se dépose au fond du bassin de filtration. Cette vase n’est autre les résidus issus de l’ingestion par les micro-organismes des différents polluants ayant atterri dans le bassin de baignade.

Laissez la nature vous aider

Un bassin de natation biologique sain va attirer toute une variété de petites bêtes. Celles-ci y viendront pour s’abriter (cas des grenouilles, puces d’eau, escargots d’eau, etc.) ou tout simplement pour se désaltérer (oiseaux, libellules coccinelles, etc.). Il n’est pas nécessaire de chercher à les éloigner du bassin. En plus de servir d’indicateurs du niveau de propreté de l’eau, elles contribuent également à l’entretien écologique du plan d’eau.

En effet les batraciens se chargeront de dévorer les larves de moustiques, pendant que les oiseaux débarrasseront de certains insectes nuisibles.

Pour l’essentiel, l’entretien d’une piscine écologique se résume en de petites actions quotidiennes à effectuer sous peine de se retrouver très submergé. Cet entretien revient bien entendu moins cher que celui d’une piscine traditionnelle qui requiert entre autres l’utilisation de plusieurs produits chimiques.

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